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mardi 21 avril 2020

Complotisme et 5G : des dizaines d'antennes téléphoniques détruites dans le monde

Complotisme et 5G : des dizaines d'antennes téléphoniques détruites dans le monde

Antennes-4g

La contestation populaire contre l'émergence de la 5G, sur fond de craintes pour la santé, préexistait au coronavirus mais se voit exacerbée par lui, au point de conduire à des actes de destruction d'antennes téléphoniques dans plusieurs pays.

En ces temps d'incertitude, les thèses complotistes trouvent des oreilles particulièrement attentives et les craintes que font peser l'arrivée des réseaux 5G sur la santé sont amplifiées par la crise mondiale du coronavirus, au point de fusionner les angoisses envers ces deux menaces invisibles.

De la 5G qui favorise l'émergence du coronavirus, qui "l'active" par ses fréquences ou facilite sa propagation en passant par un confinement imposé qui permettrait d'installer des antennes 5G en toute discrétion au milieu de la population, il y a du choix pour alimenter les craintes, avec une diffusion rapide des théories les plus fantaisistes via les réseaux sociaux.

Ces derniers tentent bien d'en freiner la propagation mais les menaces envers les salariés d'enteprises télécom se sont multipliées, même quand leur travail n'a rien à voir avec la 5G, tandis que l'on a assisté à une multiplication des destructions d'antennes téléphoniques.

coronavirus

Le Royaume-Uni aurait ainsi vu une quarantaine de mâts sabotés depuis plusieurs semaines mais le journal Le Monde note que des sabotages similaires ont été observés en Irlande, aux Pays-Bas (une quinzaine de dégradations), en Belgique et jusqu'en Nouvelle-Zélande ou à Chypre.

Selon son décompte, environ 70 pylônes auraient été détruits, souvent par le feu, avec cette précision importante : "aucune des antennes précisément identifiées ne servait à des transmissions 5G".

Les autorités publiques s'inquiètent quelque peu de cette montée en puissance des théories du complot qui attirent souvent du monde (surtout par curiosité) mais passent rarement à la pratique.

Au-delà du complotisme pur et dur, la 5G n'est pas forcément bien vue partout. En Suisse, des manifestations appelaient il y a peu à un arrêt des déploiements, craignant de voir les habitants servir de cobayes alors même que toutes les études sanitaires ne sont pas finalisées.

En Belgique, la mairie d'Ottigny-Louvain-La-Neuve (Wallonie) vient d'obtenir de l'opérateur Proximus la suspension de ses déploiements 5G, le temps d'obtenir des informations complémentaires sur les impacts sanitaires et environnementaux.

Contact tracing : au moins 2 milliards de téléphones seraient incompatibles

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© TheDigitalArtiste via Pixabay.com

Lutter contre le coronavirus passera-t-il forcément par une application de contact tracing ? C'est l'avis de nombreux spécialistes qui, pourtant, semblent avoir écarté cette bonne vieille fracture numérique de l'équation.

En réalité, plus de deux milliards de téléphones portables dans le monde ne pourront tout simplement pas supporter l'API développée conjointement par Apple et Google, laquelle servirait de base au développement d'applications de traçage.

Le contact tracing repose sur du matériel technologique récent

Pour fonctionner, le contact tracing utiliserait le Bluetooth. Une technologie éprouvée, qui a la bonne idée de préserver au maximum la confidentialité des données de l'utilisateur.

Or, l'API imaginée par Google et Apple utiliserait en particulier le Bluetooth dit « low energy » (basse consommation). Une fonctionnalité permise par une puce dédiée, laquelle serait absente de près d'un quart des 3,5 milliards de smartphones en activité au quotidien, selon Counterpoint Research.

« En tout, près de 2 milliards d'utilisateurs mobiles ne bénéficieront pas de l'initiative », constate Neil Shah, analyste pour le cabinet Counterpoint. Et d'après lui, « la plupart de ces utilisateurs avec des appareils incompatibles proviennent du segment de la population le plus démuni, ou du segment des seniors, qui sont les plus vulnérables au virus ».


1,5 milliard d'êtres humains ne disposent que d'un téléphone « basique »

Plus de 20% de la population mondiale n'a pour téléphone qu'un appareil classique. Les fameux feature phone qui ne tournent ni sous iOS, ni sous Android, et qui ne pourront donc bien entendu pas utiliser les futures applications de contact tracing.

Une nouvelle fois, ce sont les populations les plus démunies qui se retrouvent sur le banc de touche technologique. Au Royaume-Uni, le régulateur des télécoms Ofcom estimait l'an dernier que plus de 80% des adultes possédaient un smartphone. Malgré tout, Ben Wood, un analyste pour le cabinet CCS Insight, seuls 2/3 de ces personnes disposeraient d'un smartphone compatible avec les solutions imaginées par Apple et Google.

« En Inde, vous pourriez avoir 60 à 70% de la population immédiatement exclue » des mesures de contact tracing à cause de la fracture numérique, prévoit encore Ben Wood. Mais les prédictions varient selon les cabinets interrogés. Counterpoint estime pour sa part que 88% des smartphones au Royaume-Uni, États-Unis et Japon seraient compatibles, et jusqu'à 50% en Inde. Plus optimiste, mais loin d'être idéal.

Source : ArsTechnica