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jeudi 30 avril 2020

La version iOS 13.5 pour les développeurs prépare le contact tracing

La version iOS 13.5 pour les développeurs prépare le contact tracing

Apple a publié ce mercredi un aperçu d'iOS 13.5 pour les développeurs, qui comprend la première version de sa prochaine fonction de recherche de contact du Covid-19. La mise à jour n'est disponible que via le portail des développeurs. Pour rappel,

pour les appareils iOS et Android.

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Elle utilisera des jetons aléatoires et la fonctionnalité bluetooth du téléphone pour diffuser et rechercher d'autres utilisateurs qui se trouvent à quelques mètres pendant une durée déterminée. Le téléphone enregistrera ensuite ces jetons et si quelqu'un est testé positif au Covid-19, une alerte peut être envoyée au téléphone pour informer l'utilisateur d'une exposition potentielle. Et tout cela se fait de manière anonyme.

La première version bêta comprend tous les outils et les API nécessaires aux autorités de santé publique pour commencer à créer des applications et des services pour mettre en œuvre la fonctionnalité. On ne sait pas encore quand l'API sera finalisée, ni quand les applications seront rendues publiques. Dans la nouvelle version d'iOS, la section Confidentialité de l'iPhone comportera un paramètre permettant d'activer ou de désactiver les notifications liées à l'exposition au Covid-19.

 

Google a également publié une mise à jour via la boutique Google Play Store, ajoutant l'API aux appareils Android, selon Bloomberg.

Dans cette nouvelle version, Apple a également ajouté un nouveau processus simplifié permettant aux utilisateurs de déverrouiller un iPhone doté de Face ID tout en portant un masque facial. Alors qu'actuellement, il faut glisser vers le haut plusieurs fois pour que le code d'accès se déclenche, il suffira de le faire une fois pour ensuite entrer son code d'accès.

Source :

vendredi 24 avril 2020

Que sait-on de l’application de « contact tracing » d’Orange et ses partenaires ?

Le hacker Eliott Alderson a tenté d’analyser le service StopC10, mais sans grand succès. Le manque de transparence de ce projet devient de plus en plus criant.

jeudi 23 avril 2020

DP3T, PACT et consorts : les protocoles de contact tracing se multiplient

DP3T, PACT et consorts : les protocoles de contact tracing se multiplient

Le contact tracing est une méthode visant à identifier toutes les personnes ayant été en contact avec une personne infectée par une maladie afin de pouvoir identifier et prévenir au plus vite les personnes potentiellement infectées. Si cette technique a déjà été mise en œuvre par le passé avec succès, l’utilisation des smartphones pour proposer des applications de contact tracing automatisé est aujourd’hui envisagée par de nombreux gouvernements. Le gouvernement français a ainsi annoncé travailler sur un projet d’application de ce type pour accompagner le deconfinement, prenant exemple sur de nombreux autres pays ayant mis en œuvre ce type de solution ou envisageant de le faire.

Mais depuis le début du mois d’avril, les discussions portent avant tout sur la façon de mettre en œuvre ces outils de contact tracing de la manière la plus appropriée. L’Inria a présenté en fin de semaine dernière , qui propose une approche de mise en œuvre de ce type de protocole. Mais l’Inria n’est pas la seule à plancher sur le sujet et d’autres propositions, présentant des différences d’architectures, sont également à l’étude. Parmi les autres candidats, on peut ainsi citer DP3T, un protocole soutenu majoritairement par les écoles Polytechnique de Zurich et de Lausanne, mais aussi PACT ou encore TCN.

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Si proches et pourtant si différents

Ces protocoles présentent des similarités évidentes au premier abord : toutes semblent s’accorder sur l’utilisation du bluetooth et de "crypto-identifiants" (ROBERT retient cette dénomination, DP3T opte plutôt pour "EphID" pour Ephemeral ID) changeant régulièrement et permettant de protéger l’identité d’un utilisateur. Tous promettent de respecter la vie privée des utilisateurs, d’être conforme aux régulations en vigueur en la matière et d’assurer la confidentialité des données. Mais personne ne semble vraiment s’accorder sur la façon de faire.

Le point de divergence principal repose avant tout sur le caractère centralisé ou non de l’architecture. Dans une approche centralisée, le serveur central génère les crypto-identifiants attribués aux utilisateurs, puis se charge de recueillir les crypto-identifiants des personnes ayant été en contact avec une personne infectée, de réaliser un calcul sur la probabilité d’infection et de prévenir les utilisateurs, le cas échéant, d’une probable infection.

 

 

Dans une approche décentralisée, ces opérations sont réalisées sur l’appareil de l’utilisateur et les informations transmises au serveur central sont limitées au maximum. Dans le cas d’un protocole décentralisé comme DP3T par exemple, les utilisateurs génèrent eux même les crypto-identifiants sur les téléphones et les échangent via bluetooth lors d’une interaction prolongée. Lorsqu’un utilisateur est infecté, il déclare auprès du serveur central la liste des identifiants rencontrés récemment. Les autres utilisateurs vont périodiquement télécharger depuis le serveur central cette liste d’identifiants ayant rencontré une personne infectée et comparer avec la liste stockée sur leur appareil afin d’indiquer à l’utilisateur si oui on non il a pu être exposé. D’autres protocoles reposant sur des choix d’architecture similaire ont également vu le jour, tel que TCN ou encore PACT.

 

Ambiance au beau fixe

L’opposition entre les défenseurs d’une approche centralisée et les partisans d’une approche décentralisée s’est cristallisée dans la publication d’une lettre ouverte, signée par de nombreux chercheurs en cryptographie, dénonçant l’utilisation d’approche centralisées et le manque de transparence du consortium PEPP-PT. A cela s’ajoutent de nombreuses critiques des différents modèles, exprimées au travers de tribunes et d’articles, défections et ralliements des uns et des autres.

Ce qui pourrait apparaître comme une simple divergence d’opinion obscure entre experts a pourtant une incidence concrète sur le développement des applications de contact tracing : visant à proposer des API afin d’aider la mise en place d’applications de contact tracing. Simplement, Google et Apple penchent plutôt du coté des défenseurs des approches décentralisées : les règles pré-existantes des deux constructeurs en matière de bluetooth n’autorisent pas le fonctionnement d’applications reposant sur le protocole ROBERT. Apple et Google ont conçu une API fonctionnant pour un protocole décentralisé, et la France et l’Allemagne se retrouvent aujourd’hui contraintes de négocier avec Apple afin de pouvoir permettre le fonctionnement d’une hypothétique application française de contact tracing utilisant le protocole de l’Inria, qu’on serait presque à deux doigt de qualifier de solution souveraine.

Comme si cela ne suffisait pas, plusieurs chercheurs (dont certains de l’Inria) ont publié sur un site web des exemples de la façon dont ces applications de contact tracing, centralisées ou non, pouvaient être utilisées à des fins malveillantes. Cette série d’exemples vient mettre en lumière les risques liés au déploiement de ces technologies et les dérives possibles qu’elles pourraient occasionner. On finira donc peut-être par voir arriver l’application StopCovid promise par le gouvernement français il y a maintenant trois semaines, mais le chemin risque encore d’être long.

mercredi 22 avril 2020

StopCovid : l'application de tracing attend un effort d'Apple sur le Bluetooth

StopCovid : l'application de tracing attend un effort d'Apple sur le Bluetooth

Bluetooth

Le calendrier de l'application StopCovid est suspendu par le bon vouloir d'Apple sur la gestion du Bluetooth. Sans accord, elle ne pourra être prête dans les temps.

Pour faciliter le confinement, le gouvernement travaille sur une application mobile StopCovid de tracing qui alertera la population d'une mise en contact avec une personne contaminée.

Pour éviter d'en faire une application de " tracking " identifiant les personnes, de nombreuses précautions sont prises afin de maintenir l'anonymat de chacun, personnes saines comme contaminées, tout en jouant malgré tout un rôle préventif.

Pour reconstituer un historique des relations sociales, c'est la technologie sans fil Bluetooth, présente sur tous les smartphones, qui jouera le rôle de liant entre les personnes sans trop en dévoiler.

Mais Cédric O, secrétaire d'Etat chargé du numérique, a mis en lumière un obstacle dans la conception de l'application StopCovid et sa disponibilité dans le calendrier du déconfinement lors de son audition par la commission des lois au Sénat.

coronavirus

Il a indiqué rencontrer des difficultés avec Apple qui refuse pour le moment d'assurer le maintien du fonctionnement de la connectivité Bluetooth lorsque l'application n'est pas active, pour des questions de respect de la vie privée.

Sans cette capacité de signalement permanente, l'application risque de perdre de son pouvoir préventif et de ne pas permettre d'alerter les personnes saines. Google serait de son côté plus enclin à transiger sur ce point pour son système d'exploitation mobile Android, présent massivement dans les smartphones.

Si Apple acceptait de faire de même pour son système iOS embarqué dans les iPhone, Cédric O a indiqué à la commission que l'application pourrait alors être prête pour le 11 mai, date de début de confinement.

En attendant un éventuel déblocage de la situation, le secrétaire d'Etat a réaffirmé la volonté de ne proposer l'application StopCovid que sur la base du volontariat. De son côté, Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, a rappelé que la participation d'Apple et de Google au développement de l'application ne relève que des questions d'interopérabilité des OS mobiles, " et de rien d'autre".

Pas question d'en profiter pour récupérer ou exploiter des données personnelles dans le cadre de ce programme qui est avant tout un outil de plus au service de la réussite du déconfinement.

mardi 21 avril 2020

Contact tracing : au moins 2 milliards de téléphones seraient incompatibles

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© TheDigitalArtiste via Pixabay.com

Lutter contre le coronavirus passera-t-il forcément par une application de contact tracing ? C'est l'avis de nombreux spécialistes qui, pourtant, semblent avoir écarté cette bonne vieille fracture numérique de l'équation.

En réalité, plus de deux milliards de téléphones portables dans le monde ne pourront tout simplement pas supporter l'API développée conjointement par Apple et Google, laquelle servirait de base au développement d'applications de traçage.

Le contact tracing repose sur du matériel technologique récent

Pour fonctionner, le contact tracing utiliserait le Bluetooth. Une technologie éprouvée, qui a la bonne idée de préserver au maximum la confidentialité des données de l'utilisateur.

Or, l'API imaginée par Google et Apple utiliserait en particulier le Bluetooth dit « low energy » (basse consommation). Une fonctionnalité permise par une puce dédiée, laquelle serait absente de près d'un quart des 3,5 milliards de smartphones en activité au quotidien, selon Counterpoint Research.

« En tout, près de 2 milliards d'utilisateurs mobiles ne bénéficieront pas de l'initiative », constate Neil Shah, analyste pour le cabinet Counterpoint. Et d'après lui, « la plupart de ces utilisateurs avec des appareils incompatibles proviennent du segment de la population le plus démuni, ou du segment des seniors, qui sont les plus vulnérables au virus ».


1,5 milliard d'êtres humains ne disposent que d'un téléphone « basique »

Plus de 20% de la population mondiale n'a pour téléphone qu'un appareil classique. Les fameux feature phone qui ne tournent ni sous iOS, ni sous Android, et qui ne pourront donc bien entendu pas utiliser les futures applications de contact tracing.

Une nouvelle fois, ce sont les populations les plus démunies qui se retrouvent sur le banc de touche technologique. Au Royaume-Uni, le régulateur des télécoms Ofcom estimait l'an dernier que plus de 80% des adultes possédaient un smartphone. Malgré tout, Ben Wood, un analyste pour le cabinet CCS Insight, seuls 2/3 de ces personnes disposeraient d'un smartphone compatible avec les solutions imaginées par Apple et Google.

« En Inde, vous pourriez avoir 60 à 70% de la population immédiatement exclue » des mesures de contact tracing à cause de la fracture numérique, prévoit encore Ben Wood. Mais les prédictions varient selon les cabinets interrogés. Counterpoint estime pour sa part que 88% des smartphones au Royaume-Uni, États-Unis et Japon seraient compatibles, et jusqu'à 50% en Inde. Plus optimiste, mais loin d'être idéal.

Source : ArsTechnica

lundi 20 avril 2020

L’Inria dégaine ROBERT, son protocole pour le contact tracing

L’Inria dégaine ROBERT, son protocole pour le contact tracing

Dans l’optique d’accompagner la fin du confinement et de mieux surveiller l’évolution de l’épidémie de Covid 19, le gouvernement avait annoncé il y a maintenant deux semaines que des projets d’applications de Contact Tracing étaient en cours de développement, citant notamment l’effort de l’Inria en la matière dans le cadre du projet PEPP-PT.

L’institut de Recherche en Informatique et en Automatique a présente en fin de semaine une première version de son protocole de contact tracing, baptisé ROBERT pour « ROBust and privacy presERving proximity Tracing ». L’ambition de l’Inria est de proposer un protocole dédié au contact tracing que les développeurs d’application pourront implémenter dans leurs différentes applications tout en restant conforme au droit européen applicable en matière de protection des données personnelles, notamment le RGPD.

Comme le précise Bruno Sportisse, directeur de l’Inria, dans une tribune publiée sur le Github du projet ROBERT, ce projet n’est pas une application de surveillance : « sa conception permet que PERSONNE, pas même l’Etat, n’ait accès à la liste des personnes diagnostiquées positives ou à la liste des interactions sociales entre les personnes. » ROBERT cherche également à empêcher un utilisateur de savoir qui exactement l’a contaminé, afin d’éviter d’inciter à la délation. Pour parvenir à leurs fins, les chercheurs de l’équipe PRIVATICS à l’origine du protocole, ont choisi une architecture reposant comme annoncé sur la technologie Bluetooth et l’utilisation de pseudonymes (« Crypto-identifiants »).

Le fonctionnement du protocole est expliqué, dans ses grandes lignes, par une série d’illustrations réalisées par l’équipe : lorsque l’utilisateur télécharge l’application, le serveur central lui attribue une série de pseudonymes temporaires. Lorsque l’utilisateur se trouve à proximité d’autres personnes ayant installé l’application, les pseudonymes sont échangés, ce qui permet de conserver un historique de l’ensemble des personnes croisées. Si l’utilisateur est infecté par le Covid19, il l’indique sur l’application : la liste des pseudonymes croisés récemment est alors partagée avec le serveur central. Les applications des autres utilisateurs vérifient périodiquement avec le serveur central afin de savoir si leur pseudonyme se retrouve dans la liste des personnes ayant été potentiellement infectées, et sont prévenues en cas de réponse positive.

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Pas l’unanimité

Dans sa communication, l’équipe à l’origine du projet rappelle plusieurs choses : ce projet n’est pas une application, mais une proposition de protocole qu’il faudra mettre en œuvre par la suite. Ainsi, ROBERT ne détaille pas quelles seront les actions à mettre en œuvre pour une personne infectée, ni le détail des conditions de notification des personnes ou encore les conditions permettant à quelqu’un de se déclarer infecté. C’est une brique supplémentaire en direction de l’élaboration d’une application « StopCovid » promise par le gouvernement, mais ça n’est certainement pas un produit « fini » : pas la peine de chercher le code source d’une éventuelle application sur le github, seule la spécification du protocole est en ligne et le travail sur son implémentation continue en interne.

Les chercheurs ont mis en ligne cette première version et plusieurs documents explicatifs sur Github, invitant la communauté des chercheurs à commenter et à signaler les éventuelles faiblesses ou problèmes que rencontrerait le protocole. L’une des critiques que le directeur de l’Inria évoque dans sa tribune concerne le caractère centralisé du protocole, qui repose sur un serveur central pour recenser les pseudonymes ayant été en contact avec une personne infectée. « Sur le serveur central (pour assumer le terme), il n’y a AUCUNE donnée relative au statut des personnes positives. Il s’y trouve une liste de crypto-identifiants des smartphones s’étant trouvés à proximité des smartphones des personnes positives » rappelle ainsi Bruno Sportisse, qui fustige au passage le caractère idéologique des débats « sur les avantages supposés d’un système parce qu’il serait décentralisé vis-à-vis d’un autre système parce qu’il serait centralisé ». Au vu des problèmes signalés sur le Github du projet et des réactions de la communauté de la cryptographie, pas sur que cela suffise à faire taire les critiques.