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lundi 20 avril 2020

L’Inria dégaine ROBERT, son protocole pour le contact tracing

L’Inria dégaine ROBERT, son protocole pour le contact tracing

Dans l’optique d’accompagner la fin du confinement et de mieux surveiller l’évolution de l’épidémie de Covid 19, le gouvernement avait annoncé il y a maintenant deux semaines que des projets d’applications de Contact Tracing étaient en cours de développement, citant notamment l’effort de l’Inria en la matière dans le cadre du projet PEPP-PT.

L’institut de Recherche en Informatique et en Automatique a présente en fin de semaine une première version de son protocole de contact tracing, baptisé ROBERT pour « ROBust and privacy presERving proximity Tracing ». L’ambition de l’Inria est de proposer un protocole dédié au contact tracing que les développeurs d’application pourront implémenter dans leurs différentes applications tout en restant conforme au droit européen applicable en matière de protection des données personnelles, notamment le RGPD.

Comme le précise Bruno Sportisse, directeur de l’Inria, dans une tribune publiée sur le Github du projet ROBERT, ce projet n’est pas une application de surveillance : « sa conception permet que PERSONNE, pas même l’Etat, n’ait accès à la liste des personnes diagnostiquées positives ou à la liste des interactions sociales entre les personnes. » ROBERT cherche également à empêcher un utilisateur de savoir qui exactement l’a contaminé, afin d’éviter d’inciter à la délation. Pour parvenir à leurs fins, les chercheurs de l’équipe PRIVATICS à l’origine du protocole, ont choisi une architecture reposant comme annoncé sur la technologie Bluetooth et l’utilisation de pseudonymes (« Crypto-identifiants »).

Le fonctionnement du protocole est expliqué, dans ses grandes lignes, par une série d’illustrations réalisées par l’équipe : lorsque l’utilisateur télécharge l’application, le serveur central lui attribue une série de pseudonymes temporaires. Lorsque l’utilisateur se trouve à proximité d’autres personnes ayant installé l’application, les pseudonymes sont échangés, ce qui permet de conserver un historique de l’ensemble des personnes croisées. Si l’utilisateur est infecté par le Covid19, il l’indique sur l’application : la liste des pseudonymes croisés récemment est alors partagée avec le serveur central. Les applications des autres utilisateurs vérifient périodiquement avec le serveur central afin de savoir si leur pseudonyme se retrouve dans la liste des personnes ayant été potentiellement infectées, et sont prévenues en cas de réponse positive.

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Pas l’unanimité

Dans sa communication, l’équipe à l’origine du projet rappelle plusieurs choses : ce projet n’est pas une application, mais une proposition de protocole qu’il faudra mettre en œuvre par la suite. Ainsi, ROBERT ne détaille pas quelles seront les actions à mettre en œuvre pour une personne infectée, ni le détail des conditions de notification des personnes ou encore les conditions permettant à quelqu’un de se déclarer infecté. C’est une brique supplémentaire en direction de l’élaboration d’une application « StopCovid » promise par le gouvernement, mais ça n’est certainement pas un produit « fini » : pas la peine de chercher le code source d’une éventuelle application sur le github, seule la spécification du protocole est en ligne et le travail sur son implémentation continue en interne.

Les chercheurs ont mis en ligne cette première version et plusieurs documents explicatifs sur Github, invitant la communauté des chercheurs à commenter et à signaler les éventuelles faiblesses ou problèmes que rencontrerait le protocole. L’une des critiques que le directeur de l’Inria évoque dans sa tribune concerne le caractère centralisé du protocole, qui repose sur un serveur central pour recenser les pseudonymes ayant été en contact avec une personne infectée. « Sur le serveur central (pour assumer le terme), il n’y a AUCUNE donnée relative au statut des personnes positives. Il s’y trouve une liste de crypto-identifiants des smartphones s’étant trouvés à proximité des smartphones des personnes positives » rappelle ainsi Bruno Sportisse, qui fustige au passage le caractère idéologique des débats « sur les avantages supposés d’un système parce qu’il serait décentralisé vis-à-vis d’un autre système parce qu’il serait centralisé ». Au vu des problèmes signalés sur le Github du projet et des réactions de la communauté de la cryptographie, pas sur que cela suffise à faire taire les critiques.

dimanche 19 avril 2020

Traçage numérique : les chercheurs français et allemands annoncent Robert, leur projet de protocole

Recherche scientifique

Sur le pan du traçage numérique dans la lutte contre le coronavirus, l'État a pris les choses en main, comme en témoigne la récente allocution du président de la République, Emmanuel Macron. Du côté de la recherche, les scientifiques allemands et français avancent et ont publié, samedi, leur proposition technique concernant ce système.

C'est au travers de l'INRIA (L'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique) que la France a participé, en collaboration avec les chercheurs allemands, italiens et suisses, à la création d'un protocole de suivi baptisé Robert. Les parties prenantes au projet ont fait part de leur souhait que le traçage des personnes infectées par le Covid-19 soit également piloté par une autorité de santé indépendante si les autorités donnent leur feu vert.


Le protocole Robert sera soumis au débat parlementaire

Comme l'ont rapporté nos confrères de France Info, une équipe rassemblant des chercheurs de l'INRIA et de l'Institut allemand Fraunhofer a présenté un protocole de détection des personnes contaminées basé sur le partage.

Dans le détail, le protocole de suivi Robert est destiné à être utilisé par des applications de suivi des contacts qui soient respectueuses de la vie privée. Il est tout à fait possible d'enregistre l'historique de contacts d'une personne à l'aide d'une application sur smartphone et de respecter la vie privée en utilisant la technologie sans fil Bluetooth, qui ne reposerait donc pas directement sur les données de géolocalisation. Pour une explication claire et pédagogique, l'INRIA nous dévoile son protocole en donnant vie à trois personnages : Alice, Bernard et Charles.

Alice a pris la décision d'installer, sur son smartphone, une application basée sur le protocole Robert, et prend soin d'activer le Bluetooth de son mobile. Au moment où elle installe l'appli, celle-ci s'enregistre auprès de l'autorité centrale, qui génère des pseudonymes (ID) temporaires et les partage avec l'application de l'utilisateur, en l'occurrence Alice. Ces pseudonymes ou ID ne sont que temporaires et prennent la forme de nombres aléatoires.

(Plus d'informations à suivre sur le contenu du protocole...)


Le socle technique de StopCovid ?

Evidemment, ce projet devra avoir l'aval de la CNIL pour envisager une possible utilisation pendant la phase de début de dé-confinement annoncée par le président Macron compter du 11 mai. L'instance aura pour mission de valider l'autorisation du protocole basée sur l'anonymat dans l'application StopCovid . Il apparaît indispensable d'établir un protocole garantissant l'anonymat au regard du débat actuel sur la menace que représente l'utilisation massive du traçage numérique pour les libertés individuelles.

Cette approche, basée sur le consentement des utilisateurs de l'application testés positifs, permettra de "communiquer l'historique de crypto-identifiants rencontrés sur un serveur d'une autorité de santé sans divulguer ses propres crypto-identifiants". Ainsi, les autres utilisateurs (non testés) pourraient facilement vérifier si leurs propres identifiants figurent parmi ceux jugés "à risque". Toutes ces données seraient anonymisées et sous le contrôle des autorités de santé, de sorte à ce que les critères de "risque" puissent être réévalués afin de limiter le risque de faux positifs.